On nous a tous déjà cité lors d’une discussion, ou peut-être l’avez-vous déjà prononcé vous-même, cette célèbre phrase «  Bah… N’empêche, c’était mieux avant ! ».

Quand j’étais plus jeune, cette phrase me sortait des yeux. Je la trouvais vieux jeu, réac’…
Et pourtant aujourd’hui j’ai trouvé mon Némésis, celui qui m’a fait basculer du côté obscur de la force. Un point sur lequel je ne peux me battre et qui me vexe énormément à notre époque. J’ai nommé, les films de science-fiction modernes.
Je suis un grand fan de ce genre cinématographique, fan des films des années 70, 80 et 90, que j’appellerais pour cet article « les 30 glorieuses de la SF » et je crois sincèrement que la machine s’est enrayée, dès l’entrée au XXIème siècle.
Pourquoi ? Comment ? Suis-je devenu vieux ? Tu sais quoi mon moi jeune, je vais tout te dire, et ça en 3 étapes. Oui je vais parler à ce qu’il reste de moi jeune, et alors ?

1/ A notre époque, le bémol n’est plus dans le Si

« Tin, Tin, Tin, Tin » Mince à l’écrit ça marche pas. Mais en vrai, il nous suffirait à tous, petit et grand, d’entendre les trois premières notes de Star Wars, Retour Vers Le Futur, SOS Fantômes, et j’en passe, pour les citer immédiatement.
Ils sont entrés dans notre inconscient collectif, dans notre culture populaire. Pire, on les a transmis dans les gênes de nos enfants.
Et pourtant, il ne s’agit pas de musique orchestrale, avec 500 cuivres et percussions différentes, mais plutôt de musique simple, plus fanfare, qu’opéra, mais qui ont cette faculté de rester ad vitam aeternam dans la tête.

Moi Jeune : « Mais tu dis n’importe quoi, les musiques de maintenant sont bien plus spectaculaires, plus riches »
Moi d’Aujourd’hui : « D’accord, mais alors chantonne-moi une musique d’un film de SF de maintenant. »
Moi Jeune : « Heu… »

L’explication est pourtant assez simple, au XXème siècle, la musique était au cœur du film, elle ne servait pas que d’accessoires à une scène d’action, elle voulait surtout avertir les spectateurs qu’ils allaient vivre une aventure exceptionnelle, et ça dès le début du film, pour ensuite la parsemer tout du long, comme un avertisseur.

Moi Jeune : « Un thème musicale, quoi… »
Moi d’Aujourd’hui : « Exactement ! »

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Monsieur John Williams, papa des thèmes de Star Wars ou encore de Jurassic Park

Les films de notre époque, n’ont simplement plus aucun thème musical. Les musiques ne servent que d’artifice supplémentaire à une scène déjà sacrément remplie d’effets spéciaux sonores assourdissants.
Elles sont devenues complètement inutiles et s’oublient aussi vite qu’elles se sont arrêtées.
Résultat, ce n’est pas par la musique que nous nous souviendrons des films d’aujourd’hui, dans 30 ans…

Moi Jeune : « Attends si, j’ai trouvé… BRO Ommmpp ! »
Moi d’Aujourd’hui : « Hans Zimmer, mais c’est de la triche. Toutes ses musiques de films font Bromp. Je peux pas l’accepter, désolé. »

Un peu de mauvaise foi ne fait jamais de mal…

2/ Tolérance zéro pour les héros

Quel est le point commun entre : Ellen Ripley, Professeur Grant, Docteur Emett Brown, Peter Venkman, Indiana Jones… « Je reprends mon souffle » Bref, tous ses héros des 30 glorieuses de la SF ?
Moi Jeune : « Ils ont tous eu le droit à leurs figurines . »
Moi d’Aujourd’hui : « Heu… Ouais ce n’est pas ce à quoi je pensais, mais ouais. »

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Nos héros… Pas des héros…

Justement, nous achetions leurs figurines à l’époque, car nous aimions ces personnages. On s’attachait à eux, on voulait leur ressembler étant enfant, faire ce qu’ils faisaient, car ce n’étaient pas des héros, en tout cas pas sur le papier. Ils étaient des scientifiques, des archéologues, des professeurs.

Et vous savez quoi ? Certains le sont devenus, ils volent aujourd’hui dans l’espace, ou parcourent des terres arides à la recherche de fossiles de dinosaures.

Moi Jeune : « J’ai même vu des chasseurs de fantômes, sur Numéro 23. »
Moi d’Aujourd’hui : « Fais quand même gaffe à ce que tu dis, ma main peut partir très vite, tu sais… »

Ils étaient identifiables, uniques. Ne s’occupaient pas de leur beauté ou de leur tour de poitrine ou de pectoraux.
Tous l’inverse des héros d’aujourd’hui, ressemblant tous à des Action Man, étalés dans un rayon de Prisunic.
Moi Jeune : « Des quoi ? Dans un rayon de quoi ? »
Moi d’Aujourd’hui : « Ah mince, mon moi jeune est vraiment… Jeune… »
Ils sont beaux, musclés, à la voix grave, ont un job rédhibitoire et inutile pour le scénario. Ils se ressemblent tous et sont complètement interchangeables, car leur but commun à tous, est de sauver le monde.

Moi Jeune : « Il faut bien qu’ils soient crédibles niveaux carrure pour sauver le monde . »
Moi d’Aujourd’hui : « Mais pourquoi doivent-ils toujours sauver le monde ? »

C’est vrai ça, ça en devient pénible à la fin ! À l’époque, nos héros se retrouvaient là, face à un danger, et leur but était de s’en sortir, grâce à leur savoir.
Aujourd’hui, c’est à qui aura la plus grosse : tu sauves la terre, je sauve l’univers… Nous ne faisons qu’admirer leurs exploits le temps d’un film pour ensuite en admirer un autre.

Je suis beau, musclé, mais quel est mon nom ?

Je suis beau, musclé, mais quel est mon nom ?

 

3/ Technologie et accessoires : le point de non-retour

Ce qu’il y a de bien avec le XXIème siècle, c’est la possibilité de réaliser tout ce que l’on désire. Il n’y a que seule barrière l’imagination. Vous demandez quelque chose, les effets spéciaux vous le font.
Lors des 30 glorieuses de la SF, il fallait se casser la tête comme jamais. Je vous rappelle qu’ils mettaient du savon sous la caméra, pour faire voler le LandSpeeder de Luke Skywalker. Et vous savez quoi ?
Moi Jeune : « Tu vas quand même pas me dire que c’était mieux fait avant .»
Moi d’Aujourd’hui : « Et bah heu… Bon okay, non bien sur que non. »

Mais ce n’est pas ça le problème. Le problème c’est que l’on y croit plus. Tout simplement. Notre inconscient le sait, tout ça n’est que de l’image de synthèse. Et ce n’est pas que du fait de l’âge, aujourd’hui un enfant de 10 ans sait faire des FX sur son PC. Comment peut-il croire une seule seconde qu’il va gober ce qu’il voit à l’écran ?
Avant, dans la cour de l’école, c’était : « T’as vu Marty McFly, il a piqué un hoverboard et il a même flotté sur l’eau ! ».

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Ça on s’en souvient !

Aujourd’hui dans la même cour d’école c’est : « T’as vu Optimus Prime, comme ils l’ont trop bien fait ! ».
Il n’y a plus de lien entre le spectateur et le film, et ça malheureusement, je crois qu’on ne pourra plus jamais nous le rendre.
La faute à une avancée technologique record dans notre vie de tous les jours. C’est pourtant assez paradoxal, car je suis très heureux de voir ces avancées dans le cinéma, dans la technique.
Mais cela pose un autre problème…
Moi Jeune : « Le dernier, s’il te plaît, j’en peux plus là. »
Moi d’Aujourd’hui : « Okay promis. »
Star Trek serait à l’origine de la création du téléphone portable. On peut aussi dire que Tron ou encore Retour Vers Le Futur sont à l’origine de la réalité virtuelle. Après tout, les scientifiques n’ont jamais caché s’être fait influencer par ses films.
Mais à l’époque, tout ceci nous paressait sur-réaliste, inconcevable, venu d’un autre monde.

Et c’est ce qui faisait que l’homme se disait : « C’est complètement fou ce qu’on voit, mais il faut qu’on le fasse ! ».
Quand on regarde les films de SF aujourd’hui, soit ça a déjà été fait, soit c’est d’une telle crédibilité que cela nous paraît déjà envisageable dans 10 ou 20 ans.
L’imaginaire de l’être humain a-t-il déjà franchi ses limites ? J’espère que non, sincèrement.

C'est un oiseau ? C'est un avion ? Non... C'es un drone discothèque

C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non… C’est un drone discothèque

Conclusion

Malgré une pluie de contenu, beaucoup sont des adaptations, des suites, des remakes, des reboots, des spin-offs…
Bien sûr que je suis content d’y voir des nouveaux Batman, Jurassic Park, Terminator, Mad Max, et autres, mais pas quand la surenchère et le business dépassent l’idée.
Vous pouvez me trouver rabat-joie, vous allez sûrement avoir des contre-exemples, car il y en a.
Mais ici, il s’agissait d’un constat général. La SF n’est pas morte non, mais elle souffre d’une grosse hémorragie.

Mais au fait, êtes-vous d’accord avec moi ?