jurassicparkJe n’ai pas aimé Jurassic World. Quoi ? Le titre de cet article m’a trahi ? Bon. Bref. J’ai grandi en étant fan de Jurassic Park. Avant même d’avoir vu Star Wars pour la toute première fois (oui j’avais moins de 10 ans, mes parents me laissaient vraiment regarder n’importe quoi à la télé), je connaissais par cœur les dialogues de Jurassic Park et ma chambre était garnie de jouets dinos et de numéros du magazine Dinosaures avec les lunettes 3D et les morceaux du squelette de T-Rex en plastique.

Ce premier film faisait la part belle à la découverte de ces géants du Crétacé (principalement) et les effets spéciaux, plus vrais que nature (pour l’époque) faisaient rêver, petits et grands. On nous introduisait une galerie de personnages haut en couleur dont mon préféré, le cynique professeur Ian Malcom, interprété par Jeff Goldblum.

« Mon parc s’appelle Jurassic mais les animaux viennent du Crétacé. THUG LIFE. »

Puis, un peu plus grand, j’ai eu la chance de voir Jurassic Park : Le monde perdu au cinéma en 1997 (à 10 ans donc). J’avais beaucoup aimé cette suite qui faisait honneur au premier en voyant les choses en plus grand. On s’éloignait de la vision idéale du parc et le scénario tournait autour des dérives causées par la volonté de tirer un réel profit économique des dinosaures.

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Selon moi, la force de ces films réside, en dehors des effets spéciaux, dans ces personnages se comportant de façon réaliste face à un univers qui les dépasse : les paléontologues qui n’arrivent pas à assimiler la rencontre avec des créatures qu’ils étudient depuis des années, le milliardaire qui veut faire rêver les enfants à tout prix, le mathématicien cynique qui s’attend à ce que tout tourne mal… Des personnages attachants et mémorables.

Pendant des années, j’ai chéri ce diptyque qui mettait en scène ces créatures fascinantes. Il représentait pour moi tout ce que Steven Spielberg était capable de créer pour nous faire rêver, trembler et voyager au cinéma.

Puis l’infâme Jurassic Park 3 a débarqué en 2001. Spielberg laissait sa place à Joe Johnston. Ce dernier partait avec un excellent CV pour réaliser un bon film d’action et familial : Il a été directeur artistique sur la trilogie original Star Wars et sur les deux premiers Indiana Jones puis il a réalisé Chéri j’ai rétréci les gosses et l’excellent Jumanji). Mais faute de matériau source à exploiter (Jurassic Park 1 et 2 sont tirés des romans de Michael Crichton, qui n’a jamais publié de suite), l’équipe a du construire sa propre histoire. Ce fut un échec cuisant. Entre un Sam Neill fatigué qui reprend le rôle d’Alan Grant et des personnages qui ne mériteraient même pas de rester en vie plus de quarante secondes sur une île infestée de dinosaures, on s’ennuie et on soupire devant Jurassic Park 3.

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Pour tout vous dire, je ne l’ai même pas vu au cinéma à l’époque. J’ai attendu plusieurs années avant de le voir, par hasard, alors qu’il passait à la télévision. Je ne m’étendrai pas sur ce film et vous invite à lire cet article de Jurassic-Park.fr : Jurassic Park 3, les raisons d’un échec.

Attention, critique très longue, probablement chiante et garantie 100% avec spoilers mais je m’en fous.

Merci de votre compréhension.

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Jurassic World : le parc est (enfin) ouvert

Quand on m’a parlé pour la première fois de Jurassic World, je n’en attendais pas grand chose. Mais, il faut bien avouer que les premières bande-annonces m’ont donné envie. Pour la première fois en quatre films, on allait voir le parc ouvert !

La promesse était alléchante : un parc ouvert, des attractions grandioses à mille lieues de la balade en voiture du premier film, des milliers de personnes dans le parc, de nouveaux dinosaures, plus de technologies dans le parc et la présence de Chris Pratt, star du film LEGO et des Gardiens de la Galaxie. Bref, sur le papier, c’était génial.jurassic-world

Je me suis donc installé dans les fauteuils relativement inconfortables de l’UGC de Lille pour profiter de ce film par une belle soirée de juillet.

Je dois avouer que le film commence pas trop mal. On débarque avec les deux gamins. Le premier qui doit avoir une dizaine d’années. Sa chambre est couverte de photos et de maquettes de dinosaures pour nous montrer qu’il est bien fan et tout et tout. Il part visiter Jurassic World avec son grand frère, un ado en fin de puberté qui frôle la majorité et qui écoute de la musique grâce à son casque Beats. Bref. Leurs parents les déposent à l’aéroport, font des blagues sur le fait que s’ils se font poursuivre par un dinosaure, il faut prendre la fuite tout ça. Grosse ambiance.

Après un avion pour le Costa Rica et un tour en bateau, les voilà sur Isla Nublar. Cette version 2015 du parc, tout respire la technologie et la modernité. Les deux gamins, dont j’ai oublié les noms donc on dira le nerd et l’ado, sont pris en charge par Zara, l’assistante British de leur tante Claire qui est plus ou moins la boss du parc. Le petit trio se rend donc au Samsung Innovation Center où ils sont accueillis par des hologrammes de dinosaures et tout un tas d’animations complètement inutiles dans un parc qui contient de vrais dinosaures (genre des squelettes quoi).

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Ils croisent leur tante et sont hyper-déçus, surtout le nerd, de savoir qu’elle le les accompagnera pas pour la visite car elle a plein de boulot et doit passer la journée à surveiller des écrans (gros gros travail hein).  Bref, donc le nerd et l’ado vont commencer le tour du parc avec Zara et s’amusent avec des bébés dinosaures dans une mini-ferme avant de lourder la rosbeef qui s’engueule au téléphone avec une autre meuf (trop de sous-intrigues, déjà) et ils décident de profiter du parc sans surveillance (un truc qui a toujours très bien marché dans Jurassic Park OUAIS).

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« Ya quoi là-dedans, King Kong ? »

Pendant ce temps-là, Claire taille le bout de gras avec Masrani, le mec pété de tunes qui a racheté le parc, en hélicoptère (parce que se déplacer par la route c’est beaucoup trop mainstream) pour aller découvrir leur nouvelle attraction. Oui. Un nouveau dinosaure. Pas un dinosaure qui a existé et qui n’a pas encore été cloné. Mais un vrai nouveau dinosaure. Cette bestiole de cauchemar est sortie tout droit d’un laboratoire sous l’égide du Docteur Wu (Who ?). Mais si, le scientifique qu’on aperçoit pendant 5 minutes dans le premier volet de la saga. Lui là :

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Bon maintenant, il a changé de coiffure :

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Bref. Je vous passe sur les scènes de dialogues passionnantes où Claire discute avec Wu et celle où elle parle de son nouveau dino-éprouvette avec des investisseurs (oui, le branding de dinosaures est en train de se produire). On nous présente brièvement deux techniciens du centre de contrôle du parc dont un cynique à lunettes qui mériterait d’avoir un plus grand rôle. Il se fait d’ailleurs remontrer pour avoir commis le crime d’arborer fièrement un tshirt de l’ancien parc (acheté sur eBay).

Eh mais c'est la gardienne de Litchfield dans Orange is the new black avec Nick de New Girl !

Eh mais c’est la gardienne de Litchfield dans Orange is the new black avec Nick de New Girl !

Ces deux personnages sont attachants mais souffrent d’un traitement de surface, un défaut récurrent sur le développement des personnages dans ce film.

On avance un peu et on retrouve Owen Grady (Chris Pratt), un ancien marines, devenu dresseurs de Velociraptors (Oui, dans un monde où les dinos existent, c’est une reconversion possible). Il travaille avec ces lézards tueurs animaux. Son pote Barry (Omar Sy) lui file un coup de main. L’idée est intéressante.  La perspective de pouvoir dresser des Raptors comme des fauves ouvre de fantastiques perspectives et ces deux personnages s’y appliquent correctement.

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Rappelez-vous de l’angoisse provoquée par les raptors dans les précédents films. C’était mieux. Avant.

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Mais un méchant pas beau, le chef de la sécurité du parc, espère au fond de lui que ce projet servira à militariser les dinosaures pour les lâcher sur le champ de bataille. Oui. Vous avez bien lu. Il y a un gars qui veut envoyer des Raptors bouffer ses ennemis à la guerre. Je crois que c’est là que le film a commencé à partir en couilles.

Digression : en plus, de nos jours la guerre se fait principalement par bombardements interposés donc je vois mal l’intérêt d’utiliser des Raptors. Mais bref, le film voulait visiblement une nouvelle sous-intrigue.

Omar et Fred

Omar et Fred

Nos deux compères ont même donné des petits noms à leurs dinos, c’est trop mignon. Mais où sont-passés les gamins, déjà ? A oui, ils assistent à un spectacle aquatique où un mosasaure (un genre de monstre marin qui vous empêchera à tout jamais d’observer sereinement l’océan) fait le show.

Mignon hein ?

Mignon hein ?

Puis, ils partent faire un tour dans des boules de hamsters géantes.

A peu près en même temps, Claire et Masrani découvrent avec stupeur que leur nouveau dino, l’Indominus Rex (oui oui, alerte nom de merde !) a disparu ! On ne le voit plus dans son enclos et ça fait très peur à tout le monde. Claire appelle donc Chris Pratt à la rescousse. A noter que Chris a déjà prévenu que l’animal, ayant grandi en isolation après avoir bouffé sa sœur, risque d’être très violent et très agressif avec tout ce qui bouge. Bien. Star-Lord examine l’enclos sur des tablettes Samsung et découvre des traces de griffes sur les murs.

Note : Indominus Rex, c’est long à écrire. J’appellerai donc la bestiole Gérard à partir de maintenant. Merci.

Il va donc dans l’enclos (oh, tu la sens la bonne idée ?) pour examiner les parois et OH surprise que personne n’avait vu à douze mille kilomètres, Gérard est là, caché dans un (gros) buisson ! La créature fait son apparition et dégomme allègrement un technicien qui traînait là. Chris Pratt parvient à s’enfuir vite fait et se planque sous une voiture en se recouvrant d’huile de moteur ou d’essence pour masquer son odeur et Gérard se fait la malle.

PANIQUE AU CENTRE DE COMMANDE. Claire est toute paniquée et ses talons aiguilles commencent à la gêner pour marcher. Masrani fait appel à son équipe de commandos paramilitaire pour suivre Gérard à bord de voitures Mercedes grâce à sa puce GPS intégrée (sûrement une Samsung). Le commando arrive et trouve un morceau de Gérard avec la puce au milieu d’une rivière et au lieu de se barrer en courant, ils se font tous bouffer. On apprend donc que non seulement Gérard peut masquer sa signature thermique mais peut aussi se camoufler. Ouiiiiiiii.

Hello, I'm Gérard. Nice to meet you.

Hello, I’m Gérard. Nice to meet you.

Passons. Donc, Claire ordonne l’évacuation de l’île et pour une raison que j’ignore, l’évacuation consiste à rassembler tout le monde au même endroit en centre du parc plutôt que de mettre les gens sur des bateaux ou dans des hélicos. A noter qu’on apprend qu’il y a environ 20 000 visiteurs dans le parc (tout de même).

Talons-Aiguilles

Talons-Aiguilles

Mais pile au moment de l’évacuation, l’ado et le nerd sont dans la boule de hamster géante à se promener parmi les dinosaures (SUPER SÉCURISÉ TON PARC). Bref. Les deux gamins trouvent un trou dans la clôture et décident d’aller explorer une zone interdite de l’île. Toujours la grande idée, hein ? Ils se retrouvent très près d’un troupeau d’ankylosaures et là, SURPRISE, un Gérard sauvage apparaît !

"Ca roule ma poule ?"

« Ca roule ma poule ? »

Affamé et toujours un peu énervé, Gérard s’attaque à tout le monde, d’abord aux ankylosaures puis à la boule de hamster. Par un twist que je n’ai pas bien retenu, les deux gamins parviennent à s’échapper de la boule quand elle éclate sous la pression de la mâchoire de Gérard et sautent du haut d’une cascade, s’éloignant de la position de Gérard.

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Pendant ce temps-là, Claire est stressée parce ses talons la gênent pour marcher et que les deux gamins sont quand mêmes ses neveux. Elle va donc chercher Chris Pratt, ils prennent une Mercedes et se lancent à la recherche des deux gamins. Ils se retrouvent une prairie avec pleins de diplodocus (ou d’apatosaures, ou de brachiosaures, le film ne s’attarde pas trop à nous parler de vrais dinosaures finalement) mourants et on a droit à une petit speech de Chris comme quoi Gérard ne tue pas pour se nourrir mais pour le plaisir et que ça, ce n’est vraiment pas très sympa.

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S’ensuit une scène où Chris retrouve la trace de Gérard et des enfants. Il dit à Claire que ça ne va pas être facile et tout et tout, et pour montrer qu’elle est prête à tout, elle remonte ses manches et prend une pose un peu ridicule. Sans pour autant enlever ses chaussures à talons.

"Je crois que les enfants ont perdu la boule."

« Je crois que les enfants ont perdu la boule. »

Les deux gamins foncent à travers la forêt et finissent par tomber sur l’ancien centre d’accueil de Jurassic Park. Attention, c’est fan service. Sur le sol du hall, envahi par la nature, on découvre les restes de la bannière « When dinosaurs ruled the Earth » du premier film ainsi qu’un crâne de T-Rex qui était, à l’époque, suspendu au plafond.  Histoire de bien dire que le premier c’est du passé, l’ado se fait une torche avec les restes de la bannière et y met, littéralement, le feu.Le fan service continue et les gamins arrivent dans un entrepôt contenant des lunettes à vision de nuit qui sont lourdes et doivent donc coûter cher. Ils tombent sur un garage remplie de vieilles jeeps de Jurassic Park. Heureusement, une fois, ils ont réparé la voiture de leur grand-père et savent comment faire. Ils se mettent donc au travail. Ils trouvent une batterie sur une voiture accidentée pas très loin et s’en vont gaiement au volant de leur voiture fraîchement réparée (je ne suis pas un pro de la mécanique mais après 22 ans passés à l’abandon dans un garage ouvert aux quatre vents, il suffit de changer la batterie ?).

Cette image est tirée d'un bon film.

Cette image est tirée d’un bon film.

Chris et Talons-Aiguilles entendent le moteur et arrivent au garage, mais trop tard. Quelques instants plus tard, Gérard apparaît (sans faire de bruit, fait assez dingue pour une créature aussi massive mais peut-être que ce dinosaure a des coussinets sous ses petites papattes). Après un faux moment du suspense où on croit qu’il ne va pas les voir, il attaque en défonçant joyeusement le bâtiment. Nos héros parviennent à s’enfuir alors que Gérard démolit allègrement l’ancien centre d’accueil. Comme si Jurassic Park n’avait jamais existé, donc.

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Gégé

Pendant ce temps-là, Masrani (vous l’aviez oublié lui hein ?) décide qu’il faut arrêter les conneries et fait monter un gros canon sur son hélicoptère pour aller dézinguer Gérard. Sauf que, pas de bol, son prof de pilotage est introuvable (sûrement mort quelque part derrière un buisson). Il décide donc de piloter l’hélico lui-même alors qu’il n’a pas vraiment encore son brevet de pilote. Encore une fausse bonne idée donc. L’équipe aérienne poursuit Gérard et finit par le trouver. Les paramilitaires le dézinguent mais en visant avec l’efficacité d’un bataillon de stormtroopers aveugles la nuit dans du brouillard. Rappelons d’ailleurs que Gérard mesure presque six mètres de haut pour une douzaine de long. Difficile de le manquer, tout de même. Soit. La folle course de Gérard le conduit à un genre de dômes de verres à flanc de montagne qui n’est autre qu’une cage à ptérodactyles (un genre de pré-évolution de Ptera).

"Je suis riche, bien coiffé et j'ai un hélico, bitches."

« Je suis riche, bien coiffé et j’ai un hélico, bitches. »

Tentant de fuir le feu nourri de l’hélico, Gérard traverse allègrement le verre blindé (BECAUSE FUCK YOU) et entre dans la serre. Il mange quelques oiseaux préhistoriques et en laisse échapper d’autres qui se ruent sur l’hélico forçant Masrani à s’écraser à travers le dôme de verre dans une explosion que ne renierait pas Michael Bay. Les ptérodactyles sont libres de s’échapper et de semer la mort.

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Notez que Chris Pratt et Talons-Aiguilles se trouvaient à proximité et ont tout vu de la scène. Puis une scène d’amour fraternel où les deux gamins rigolent est interrompue par l’arrivée d’un menaçant vol de ptérodactyles qui les poursuivent et se dirigent vers le parc. Les gamins arrivent à s’enfuir et les voici dans le parc. Et là, c’est le drame. Les 20 000 visiteurs rassemblés sur la grand’place font un excellent buffet pour un troupeau de dinos volants affamés. Dans cette scène, on voit des gens fuir en hurlant dans tous les sens en se faisant joyeusement dévorer. C’est digne d’un film d’horreur de série B de type Birdemic.

Les deux gamins retrouvent Zara, la british du début, seulement pour la voir se faire attraper par un ptéro qui la lâche puis elle se fait empaler sur le bec d’un autre ptéro avant que celui-ci ne la lâche dans le bassin. Alors qu’on se dit qu’elle va peut être survivre, les ptéros plongent pour l’achever mais elle se fait avaler par le mosasaure qui nageait tranquillement. Une scène de violence complètement gratuite contre un personnage dont le seul développement était d’être une femme avec un accent anglais.

Les derniers instants de Zara

Les derniers instants de Zara

Chris et Talons-Aiguilles retrouvent les enfants et les sauvent. Talons-Aiguilles tue un ptéro devant les enfants qui, d’un coup d’un seul, la trouvent trop badass et elle roule une pelle à Chris. Pourquoi ? Parce que ce film t’emmerde. Voilà pourquoi.

Après, ça devient un peu confus. La sécurité élimine une bonne partie des ptéros et le reste des visiteurs se réfugient dans des bâtiments. Chris, Talons-Aiguilles, l’ado et le nerd se dirigent alors vers l’enclot des Velociraptors car pendant ce temps, le chef de la sécurité a décidé de les utiliser pour chasser Gérard. Omar et Chris décident finalement de l’accompagner dans cette mission. Talons-Aiguilles met les enfants à l’abri dans un fourgon blindé et après avoir équipés les raptors de Go Pro infrarouges, la petite expédition se met en chasse pour trouver Gérard.

"Je suis le chef de la sécurité et je suis méchant."

« Je suis le chef de la sécurité et je suis méchant parce que j’ai un bouc. »

Et là, très honnêtement, on a droit à l’une des meilleures scènes du film. Une virée sauvage dans la jungle où des motards sont accompagnés de raptors, le tout avec des plans super classes. C’est franchement sympa. On détecte la présence toute proche de Gérard alors tout le monde s’arrête. Gégé fait son apparition et les raptors s’approchent pour l’attaquer.

FUCK YEAH.

FUCK YEAH.

Mais c’est le drame. Je ne sais plus si je vous l’ai dit, mais tout le monde, à part Doctor Wu, ignore la composition de l’ADN de Gérard. Mais quand Gégé commence à pousser des petits cris à l’intention des raptors et qu’ils lui répondent, on se dit que c’est un peu la merde. Eh oui ! Gérard a aussi de l’ADN de raptor et peut donc communiquer avec ses bestioles (Logique, non ? On partage 99% de notre ADN avec les cochons, on devrait pouvoir discuter alors ?). C’est le drame. Les raptors se retournent contre Chris et il est tout triste. Quelques rafales et un tir de roquette plus tard, Gégé s’enfuit et et presque tout le peloton est décimé par les raptors (Omar et Chris vont bien, je vous rassure)

Le nerd et l’ado sont toujours enfermés dans leur fourgon blindé quand soudain, un des survivants de l’attaque menée contre Gégé se pointe et ouvre la porte en hurlant que les dinosaures arrivent. Deux secondes plus tard, il se fait manger par un Raptor. Parce oui, plutôt que de monter à l’avant et conduire le fourgon au loin, il ouvre la porte histoire de menacer la sécurité des enfants. Bref. Talons-Aiguilles met le pied au plancher et vient une scène de course poursuite dans la jungle assez classique dans la mise en scène. Talons-Aiguilles roule à toute berzingue sur une longue route droite (parce qu’apparemment, Jurassic World a des routes en meilleur état que les autoroutes belges (c’était bien la peine d’utiliser un hélico))..

Les raptors se ruent sur le fourgon, les gamins se défendent en leur balançant tout ce qui traîne à l’intérieur. Bien sûr, la porte est toujours grande ouverte. Chris Pratt arrive sur sa moto et sauve tout le monde. Bref, on se fait chier.

La scène suivante est particulièrement chiante. On retrouve la petite famille au centre de commandes où les méchants de la sécurité sont en train de voler des embryons pour les emmener hors de l’île (Attendez, c’était pas déjà ce que faisait Nedry dans Jurassic Park ?). Le méchant finit par se faire manger le bras par un raptor et tout le monde s’enfuit. Et je crois que c’est là que le film touche le fond.

Nos héros se retrouvent face à Gérard qui a sous ses ordres les raptors encore vivants. Mais finalement, les raptors se souviennent que Chris Pratt les a élevé et ils attaquent Gérard. Évidement, ils se font défoncer la gueule pendant que les gamins se planquent dans une paillotte. Finalement, Talons-Aiguilles, dans un moment d’héroïsme, appelle le centre de contrôle où il reste le barbu cynique du début. Elle lui demande d’ouvrir une cage mystérieuse à distance et elle révèle un T-Rex (enfin, putain ! C’est lui la menace dans Jurassic Park normalement, pas Gérard). Elle nous refait Alan Grant du premier film et l’attire vers Gérard en brandissant une torche.

La scène du 1. Mieux.

La scène du 1. Mieux.

Et là, on se retrouve avec une scène digne d’un mockbuster de série Z (un genre de Godzilla VS Mothra en moins bien) où Gérard, le T-Rex et un raptor s’affrontent à grands coups de griffes, de dents et de queues. Finalement, le combat les mène à proximité du bassin où le mosasaure encore affamé (alors qu’il doit encore être en pleine digestion de Zara la british) saute sur le rebord du bassin pour gober Gérard. Le T-Rex et le raptor se regardent d’un air genre « On se mange ou on s’encule ? » avant de finalement partir chacun de leur côté, en liberté.

Fondu au noir.

Nous voilà dans un entrepôt d’aéroport au Costa Rica où les survivants sont traités en urgence par des médecins, les parents des enfants arrivent, on s’embrasse, c’est beau. On découvre qu’Omar a survécu et on est content parce que c’est l’un des rares personnages crédibles et intéressants du film. Chris Pratt et Talons-Aiguilles sont amoureux et franchement on s’en tamponne.

LA FIN.

Disclaimer : il manque sûrement des bouts du film dans ma critique mais je fais ça de tête, alors merci d’être indulgents. Et puis merde.

Dans la jungle en talons aiguilles

Bon. Le traitement des personnages féminins dans la pop culture est toujours un sujet délicat. Le personnage de Clair (Bryce Dallas Howard) est totalement cliché. Elle apparaît au premier abord comme froide et obnubilée par son boulot avant que son instinct maternel ne reprenne le dessus pour qu’elle doive protéger ses neveux. Elle a forcément une histoire d’amour (très mal amenée et complètement inutile) avec Chris Pratt.

Les dinosaures mangent l'homme. La femme hérite de la Terre.

Les dinosaures mangent l’homme. La femme hérite de la Terre.

Et surtout, la meuf bosse dans un parc en pleine jungle tropicale et elle n’a même pas une putain paire de baskets qui traînent dans un tiroir pour quand elle s’éloigne du centre de commandes ? Parce que franchement, les installations comme l’enclos des raptors ne sont pas du tout dans des zones bétonnées. Et c’est donc totalement ridicule de la voir courir et semer un putain de tyrannosaure à pieds avec des talons aiguilles.

Où sont passées les plumes ?

Malgré ses nombreux défauts, Jurassic Park 3 avait essayé de se montrer un poil plus crédible scientifiquement parlant que ces prédécesseurs en changeant un peu le look des dinos et en prenant en compte les évolutions récentes de la paléontologie. Les dinos arboraient des couleurs plus flashy et quelques plumes (notamment nos amis raptors). Mais finalement, Jurassic World a décidé de dire « Fuck it » et de revenir au look de Jurassic Park 1 (fan service oblige).

Un velociraptor de Jurassic Park 3

Un velociraptor de Jurassic Park 3

Jurassic-Park.fr note, à raison, que depuis la sortie du premier film, l’image populaire de ce que le grand public connaît des dinosaures est lié à Jurassic Park. Alors même si ce n’est pas un film scientifique, il aurait été intéressant de prendre en comptes les découvertes les plus récentes pour « éduquer » le public. En leur mettant des plumes, par exemple.

Et effectivement, Jurassic Park a de nombreux problèmes en terme de paléontologie. La vision du T-Rex n’était pas du tout basée sur le mouvement, les raptors mesuraient à peine un mètre de haut et le dilophosaure n’a jamais eu de crête lançant du venin. Mais bon, merde quoi.

A lire : Le « Feather Gate » : l’affaire des dinosaures à plumes sur Jurassic-Park.fr

Je dis merde à la suite

A priori, avec une telle débâcle à la fin du film (pleins de morts, dinos en liberté, gros bordel, tout ça), on pourrait supposer que Jurassic World viendrait enterrer la franchise. Mais visiblement, les méchants ont réussi à faire sortir des embryons de l’île. (et n’oublions pas que la deuxième île, le site B cadre de Jurassic Park 2 et 3, existe toujours quelque part même si personne n’en parle).

Divertissement à grand spectacle, zéro message et personnages plats

Bref. Ya des combats de dinos, des persos creux qui mériteraient pourtant d’être plus développés (le barbu de la salle de contrôle, Omar, Chris ou même Talons-Aiguilles et Masrani) et s’il y a quelques bonnes vannes, les dialogues sont empreints de clichés et on se demande au où passé l’humour cynique de la franchise. C’était nul. ET C’EST DU GÂCHIS DE CHRIS PRATT BORDEL DE MERDE.

Ah oui. Il y avait du placement de produits à mort mais je crois que c’était assez clair. Je vous laisse, je vais prendre mon téléphone Samsung pour acheter une Mercedes puis j’irai écouter la musique avec mon casque Beats.

"Oh Mon Dieu ! Ce film est un étron de tricératops !"

« Oh Mon Dieu ! Ce film est un étron de tricératops ! »