Hier, le Web a fêté son 25è anniversaire. En 1989, Tim Berners-Lee travaille au CERN. A l’époque, personne ne savait ce que c’était parce que le large collisionneur de Hadron n’existait pas encore. Le CERN, lui, était bien là. Donc notre ami Tim étant dans un lieu à la pointe de la technologie et de l’innovation (le CERN c’est l’organisation européenne pour la recherche nucléaire), il utilise le réseau ARPANET et cela lui donne des idées. Il soumet une proposition à son boss pour un projet expérimental sur un système de gestion de l’information. Son supérieur l’autorise à travailler sur le projet qu’il qualifiera de « vague mais intéressant ».

Sir Tim Berners-Lee

Sir Tim Berners-Lee

Et c’est ainsi que Tim-Berners Lee inventa le Word Wide Web en associant le principe de l’hypertexte (qui existait déjà) à l’utilisation de l’internet (enfin ARPANET à l’époque). A l’époque, son invention n’a d’autre but que de faciliter la communication entre les équipes du CERN qui ne bossaient pas toutes directement dans les locaux suisses. En 1990, le projet prend officiellement le nom de World Wide Web et son équipe s’agrandit pour développer les 3 grandes technologies du web : l’URL, le HTTP (Hypertext Transfer Protocol) et le HTML (Hypertext Markup Language).

En bref, 25 ans plus tard grâce à ce gars là on peut accéder au réceptacle inépuisable du savoir et de la connaissance depuis nos téléphones sans bouger le cul du canapé. Et pour cet anniversaire, Tim Berners-Lee (citoyen britannique, d’ailleurs anobli en 2004 par la reine d’Angleterre pour « le développement globale d’Internet) a tenu à rappeler les principes sur lesquels le web est fondé. Il s’est exprimé dans un article et dans une vidéo.

Greeting from Web inventor Tim Berners-Lee on the Web’s 25th anniversary from Web25 on Vimeo.

Le message qui ressort globalement de ce bilan des 25 ans c’est que si le web a permit des évolutions majeures de notre société tant en terme de répartition des connaissances, de communication et bien sûr d’économie, il reste énormément à faire.

Ce sont les principes de l’universalité, d’ouverture, de décentralisation et de liberté vis-à-vis de tout droit d’auteur

– Principes à la base du web

Et maintenant, on fait quoi ?

Le web n’est pas fini, il ne sera jamais terminé mais il y a encore de grandes choses à accomplir pour que ses 3 principes soient respectés.

  • Connecter le monde entier : pour nous autres européens, l’accès au web est naturel. Logique. Indispensable. On y accède à loisir depuis nos ordis, smartphones, tablettes, consoles et même maintenant depuis des montres. Mais il reste 2 tiers de la population mondiale qui n’est pas connectée. Alors oui, ce n’est pas forcément le besoin de base. Dans les pays en développement, il faudrait plutôt creuser des puits que d’apporter internet. Mais internet est un réceptacle de savoir alors si on équipe ces pays en accès internet, les habitants pourront utiliser les informations disponibles pour tous sur le web pour améliorer leur quotidien, pour creuser un puits, pour développer l’irrigation ou même pour cultiver correctement leurs parcelles agricoles.
L'ordinateur sur lequel Tim Berners-Lee inventa le World Wide Web

L’ordinateur sur lequel Tim Berners-Lee inventa le World Wide Web

  • Définir et réglementer l’accès et la collecte de données personnelles : Parce que bon, on veut bien dire à Facebook qu’on aime les bonbons et qu’on joue à Candy Crush mais on a pas forcément envie que la NSA aille fouiller dans les méandres de notre boîte email. Qu’on se le dise, internet est encore aujourd’hui un No man’s land où on ne sait pas trop qui a accès à quoi et qui protège nos informations. Je vous en reparlerai bientôt mais en attendant, je vous invite à vous renseigner sur la Internet Defense League.
  • Créer une architecture ouverte et performante pouvant être déployée largement : Il s’agit d’avoir un système qui puisse tourner facilement et efficacement sur la plus grande majorité des terminaux afin de ne pas être dépendant des technologies propriétaires.  Comme ça, ça coûte moins cher ce qui garantit l’universalité du web et en plus ça permet de mieux gérer nos données personnelles.

Il y a donc beaucoup de travail mais Sir Tim Berners-Lee n’y travaille pas tout seul (heureusement !). En plus de son activité principale de président du W3C (World Wide Web Consortium : l’organisme qui supervise le développement des standards du web), il a fondé la World Wide Web Foundation dont la mission est de promouvoir un web ouvert et décentralisé.

Le web est a un tournant et espérons qu’il prenne le bon. Chacun d’entre nous peut y contribuer, ne serait-ce qu’en parlant sensibilisant notre entourage à ces grands principes.

Tout ça pour dire, un très bon anniversaire à Internet  (sans qui on ne serait pas là) !

Pour aller plus loin :

Web At 25 : Site de l’anniversaire du web

World Wide Web Foundation

W3C

The Internet Defense League