La conquête spatiale est l’un des thèmes principaux de la science-fiction. Le but des auteurs ou des réalisateurs de science-fiction est de rendre crédible ce qui est impossible, ainsi ils vont imaginer que le développement technologique peut permettre à l’homme de voyager à travers la galaxie, en faisant quelques rencontres au passage. Seulement l’une des caractéristiques de la science-fiction est son réalisme: comment faire gober au public le voyage intersidéral lorsque le milieu scientifique considère la vitesse de la lumière comme une constante infranchissable? D’autant plus que l’étoile la plus proche de notre Soleil se situe à plus de 4 années lumières, ce qui limite un peu les idées de scénario.

Pour ces raisons, les réalisateurs ont décidé de prendre quelques libertés avec la science en imaginant toute sorte de technologie de propulsion capable de dépasser la vitesse de la lumière. Certains sont plus imaginatifs que d’autres, aux lecteurs d’en juger. Voici donc une petite présentation des moyens d’hyper-vitesse dans les films et les séries. Pour chaque mode de transport, Geek Tonic a donné la parole à un lecteur spécialisé dans les astroparticules qui nous donnera son avis d’expert objectif (quoi que peut-être influencé par 10 saisons de Stargate SG1…).

 

1. La distorsion

De l’anglais « warp drive », la distorsion pose les bases de la propulsion supraluminique et est apparue dans la culture populaire avec Star Trek. L’idée est simple: le vaisseau produit un champ de distorsion (warp field) qui déforme l’espace autour de lui de manière à créer comme une bulle dans laquelle le vaisseau est affranchi de toutes les constantes de la physique. Il navigue dans l’espace mais s’émancipe de ses lois pour dépasser plusieurs fois la vitesse de la lumière.

Cette technique de warp drive a été reprise par la suite dans de nombreuses oeuvres telles que Starship Troopers ou encore, en jeu vidéo comme dans Eve-Online. C’est la technique la plus simple à imaginer car il s’agit simplement pour l’appareil de se déplacer en créant autour de lui un espace non sujet aux lois de la physique. D’un point de vue scientifique, il est possible pour n’importe quel objet de traverser des distances galactiques en quelques heures tant qu’il n’est pas soumis aux constantes, le problème étant de savoir comment échapper à ces lois. Ce qui est sûr pour certains scientifiques est que cette technique serait très dangereuses si elle possible, car en traversant l’espace ainsi, la bulle du vaisseau entrainerait dans son sillage toutes les particules présentes dans l’espace. Une fois au point d’arrivée, toutes ces particules dangereuses seraient projetées par inertie en avant et la planète de destination pourrait être détruite!

Pour ce qui est du « warp drive » ou distorsion en français, je suis assez d’accord avec les scientifiques dont parle Jeewing. En effet même si le vaisseau se place dans un bulle spatiale, il reste, tout de même, dans les mêmes dimensions spatiales que l’espace conventionnel où nous évoluons. Il est donc normal que des particules rentrent dans cette bulle – et je ne vous parle même pas du cas où le vaisseau traverse des corps célestes ou, même pire, une étoile.

2. L’hyper-espace

Ou « hyperspace » en anglais. Il s’agit ici d’une conception différente qui repose sur la théorie de l’axe ‘w’ en géométrie. L’espace tridimensionnel (dit « espace conventionnel ») dans lequel nous vivons serait « plié » et il serait possible de passer d’un point à un autre de l’univers en suivant un axe quadri-dimensionnel. Du point de vue conventionnel on verrait le vaisseau disparaitre au point A pour apparaitre quelques heures plus tard au point B. En réalité le vaisseau a voyagé tout ce temps « au-delà » de l’espace par un chemin plus court. C’est notamment de cette manière que les vaisseaux voyagent dans StarGate. Dans Farscape, le vaisseau Moya se déplace ainsi par ‘starburst’ en empruntant l’hyper-espace. Détail intéressant: dans Andromeda, seul un être vivant est capable de piloter le vaisseau lors d’un trajet en hyper-espace (on parle de slipstream dans la série), l’intelligence artificielle du vaisseau en est incapable.

Il est également fait mention de l’hyper-espace dans StarWars alors qu’en réalité, les vaisseaux restent en espace conventionnel pour simplement dépasser la vitesse de la lumière. La technologie utilisée par le Faucon Millenium est donc plus proche du warp drive que de l’hyperspace.

À mon humble avis, c’est la méthode d’hyper-espace qui a le plus de chance de devenir réelle un jour. En effet, la base de la théorie du voyage hyper-spatiale date des années 50 : le physicien allemand Burkhard Heim développa une théorie de propulsion magnétique qui, dans les grandes lignes, nécessite un champ magnétique de 25 Tesla minimum (soit 820 000 fois le champ magnétique terrestre) pour 150 tonnes de vaisseau et permet ainsi de glisser dans une nouvelle dimension spatiale où la vitesse de la lumière est plus grande. Ce nouvelle espace est appelé espace d’Heim-Droscher possédant 8 dimensions incluant nos 4 dimensions conventionnelles. Dans cet espace, les forces électromagnétiques et gravitationnelles sont unifiées en une seule*.
Pour votre information, sachez qu’au Nouveau Mexique, USA, des scientifiques ont créé la machine Z capable de créer les 25 Tesla nécessaire. Nous pourrions donc rentrer en hyper-espace, mais encore faut-il savoir comment on y voyage. Pour cela, il nous faut un tunnel comme nous l’a illustré Jeewing. Ce tunnel n’est autre qu’un trou de ver. Mais pour en créer un, nous devons distordre l’espace-temps : première difficulté. De plus, durant le transport, les distorsions maltraitent la matière et si un humain entre dans un trou de ver, il ne serait pas très beau à voir à la sorti : seconde difficulté.
Nous avons donc encore du chemin à faire dans nos connaissances avant de pouvoir faire plus de chemin dans notre univers. Mais ne perdons pas espoir.
*Notez qu’à l’origine, la théorie de Heim avait pour but d’unifier les forces fondamentales de l’univers au même titre que la théorie de cordes ou des champs gravitationnels à boucles.

3. Le jump

Il est difficile de dire ce qu’on entend par « jump » dans les séries et les films. Un appareil va aller du point A de l’univers au point B instantanément sans pour autant emprunter un chemin hyperspatial. On peut parler d’autotéléportation ou simplement de bond dans l’espace. C’est la technique utilisée par les vaisseaux coloniaux dans Battlestar Galactica qui effectuent des bonds PRL (plus rapides que la lumière) ou FTL jumps en anglais (faster than light). C’est la solution la plus difficile à justifier du point de vue scientifique. Le vaisseau charge une énergie très forte pour se propulser avec une telle puissance qu’il s’affranchit des constantes de la physique pour atterrir immédiatement au point d’arrivée sans avoir parcouru une quelconque distance dans l’espace conventionnel mais sans avoir emprunté la voix de l’hyperespace pour autant. La technologie retenue dans Battlestar Galactica est donc la plus saugrenue du point de vue scientifique, et ce n’est pas moi qui le dit!

Je dirais peu de chose du « jump ». En fait, je ne dirais juste qu’on est vraiment en pleine science-fiction : cela relève plus de la technologie Asgard que des réelles connaissances actuelles en physiques.

Voilà donc les trois techniques les plus utilisées pour voyager dans l’espace. Laquelle vous semble la plus crédible. Laquelle emprunteriez-vous si deviez vous rendre sur l’une des planètes potentiellement habitables découvertes à ce jour par les astronomes?